Après une Série B, le fondateur n'est plus seul maître à bord. Laroze Partners analyse les dynamiques de gouvernance post-levée et les transitions de direction.
Après une Série B, le fondateur n'est plus seul maître à bord. Laroze Partners analyse les dynamiques de gouvernance post-levée et les transitions de direction.

Quand une Medtech lève 20M€ : le vrai sujet, c'est qui va piloter la machine

Quand une Medtech lève 20M€ : le vrai sujet, c'est qui va piloter la machine

Quand une Medtech lève 20M€ : le vrai sujet, c'est qui va piloter la machine

Le premier trimestre 2026 a été remarquable pour la Medtech française. 158 millions d'euros levés, soit déjà 41 % du total de l'année 2025. Les annonces s'enchaînent, les communiqués de presse s'envolent, les fondateurs soufflent. Ils ont convaincu des investisseurs exigeants. Ils ont les fonds. Ils ont la feuille de route.
Ce que personne ne dit à la conférence de presse du closing, c'est que la levée vient de changer les règles du jeu. Y compris pour le fondateur qui tient le micro.

Ce que le term sheet ne dit pas explicitement, mais qui est écrit partout

Quand un fonds entre au capital d'une Medtech avec 20, 30 ou 50 % de dilution, il n'achète pas seulement des actions. Il achète le droit d'avoir son mot à dire sur la direction de l'entreprise. Un siège au board, des clauses de gouvernance, des droits de véto sur les décisions stratégiques majeures, dont les nominations aux postes de direction.

Ce n'est pas une menace. C'est la mécanique normale du capital-risque.

Mais elle a une conséquence que peu de fondateurs intègrent réellement avant de signer : le modèle "je reste aux commandes aussi longtemps que je veux" ne tient plus. Il tient tant que les résultats suivent, que la stratégie est validée par le board, et que le fonds considère que le fondateur est le meilleur opérateur disponible pour la prochaine phase. Quand l'une de ces trois conditions vacille, la conversation change de nature.

En 2012, une étude de la Harvard Business School portant sur plus de 200 start-ups américaines financées par des fonds institutionnels montrait que dans 50 % des cas, le fondateur avait quitté le poste de CEO avant l'introduction en bourse ou la cession. Pas parce qu'il avait failli. Souvent parce que le profil requis pour la prochaine étape n'était plus le sien.

Quand les scientifiques doivent apprendre à gouverner autrement

La Medtech a une particularité que les autres secteurs n'ont pas à ce degré : une grande partie de ses fondateurs sont des scientifiques, des cliniciens, des chercheurs. Des profils d'une exigence intellectuelle rare, capables de tenir une vision sur dix ans, de convaincre des partenaires académiques et industriels, de naviguer dans des environnements réglementaires complexes.
Ce qui les rend extraordinaires à l'amorçage devient une contrainte à partir d'une certaine taille. Non par manque de compétence, mais parce que le métier change.

Diriger une organisation de 80 personnes avec un board institutionnel, une obligation de résultat trimestrielle et une expansion commerciale à construire, ce n'est pas le même métier que piloter une équipe de 12 chercheurs vers une validation clinique. Les outils, les réflexes, les priorités sont différents.
Ce que le board attend après une Série B, ce ne sont pas seulement de bonnes données cliniques. Ce sont des fonctions. Un Directeur Financier capable de parler aux investisseurs et de structurer le reporting. Un Directeur des Opérations pour industrialiser ce qui a été prouvé en laboratoire. Un Directeur Commercial pour construire l'organisation de mise en marché. Un DRH pour structurer les recrutements à venir et préserver la culture dans la croissance.

Ces fonctions n'existaient pas à l'amorçage. Elles n'avaient pas besoin d'exister. Après la levée, leur absence devient un risque que le board documente. Et c'est là que la tension naît dans l'organisation existante. Les équipes scientifiques et techniques qui ont tout construit se retrouvent soudainement entourées de nouveaux profils qui parlent une autre langue, qui challengent les processus, qui posent des questions sur les délais, les marges, les priorités commerciales. Deux cultures cohabitent, parfois sans se comprendre.

La transition bien gérée est celle où le fondateur scientifique accepte une redéfinition de son rôle vers ce qu'il fait de mieux : Chief Scientific Officer, Directeur Médical, Président du Comité Scientifique. Un rôle d'ancrage et de légitimité, pas d'opération quotidienne. Et où les nouvelles fonctions sont recrutées non pas pour remplacer l'ADN de l'entreprise, mais pour lui donner une structure qui lui permette de tenir à l'échelle.

La transition mal gérée est celle où le fondateur résiste à cette redéfinition, où les nouvelles recrues arrivent sans mandat clair, et où l'organisation passe dix-huit mois à se battre contre elle-même plutôt que contre le marché.

L'organisation d'hier ne sera pas celle de demain

Une levée significative ne fait pas que changer le dirigeant. Elle change l'organisation en profondeur, souvent brutalement. Les équipes constituées à l'amorçage, celles qui ont tenu dans les moments difficiles, celles qui fonctionnaient par proximité et par confiance directe au fondateur, se retrouvent soudainement dans une structure qui grandit vite, avec de nouveaux managers recrutés au-dessus d'elles, de nouveaux processus, de nouvelles priorités.

Certains suivent. D'autres ne s'y retrouvent pas. Quelques-uns partent. Et cette désintégration silencieuse du noyau fondateur est souvent la première perte de valeur post-levée, avant même qu'un chiffre d'affaires déçoive.

Un exemple composite, représentatif de plusieurs situations observées dans l'écosystème : une Medtech française de diagnostic spécialisé, après une Série B de 18 millions d'euros, recrute en urgence un Directeur Général expérimenté sous pression du lead investor. Le profil est solide sur le papier. Il vient d'un grand groupe pharmaceutique. Il sait structurer. Mais il ne connaît pas l'ADN de l'entreprise, n'a pas la légitimité technique auprès des équipes R&D, et applique des méthodes de reporting adaptées à des organisations dix fois plus grandes. En dix-huit mois, trois directeurs clés ont quitté l'entreprise. Le fondateur, désormais Président non exécutif, regarde sa création changer de visage sans avoir les moyens de l'en empêcher.

Ce scénario n'est pas exceptionnel. Il est fréquent.

Trois phases, trois profils : ce que le fondateur doit anticiper avant de signer

Le cycle de vie d'une Medtech en croissance passe par des phases distinctes, chacune requérant un profil de direction différent. La question n'est pas de savoir si la transition aura lieu. Elle aura lieu. La question est de savoir qui la pilote, comment, et dans quel délai.

  • Phase amorçage, jusqu'à la première validation clinique: le fondateur-dirigeant est souvent la bonne réponse. Il incarne la vision, il convainc les premiers partenaires, il tient l'organisation par la force de son engagement. Ce profil est irremplaçable dans ce contexte précis.

  • Phase de scale, post-Series A ou B : c'est là que la tension apparaît. L'organisation a besoin d'un dirigeant capable de structurer sans bureaucratiser, de gérer simultanément les exigences réglementaires, les partenariats industriels et les attentes d'un board désormais actif. Ce profil devient plus exigeant. Et il est rarement le fondateur lui-même, sauf quand celui-ci a eu la lucidité de s'y préparer. Les fondateurs qui traversent bien cette phase sont ceux qui ont accepté, avant le closing, de définir honnêtement leurs propres limites et de construire l'équipe dirigeante autour de ces limites, pas autour de leur ego.

  • Phase de déploiement commercial à grande échelle : un troisième profil encore. Cette fois, un dirigeant dont la force est la construction d'organisations commerciales dans des environnements régulés, souvent à l'international. Le fondateur peut rester pertinent à ce stade, mais dans un rôle redéfini : Chairman, Chief Scientific Officer, Ambassador. Pas nécessairement poursuivre dans son rôle de CEO.

La bonne décision se prend avant, quand elle est encore libre

La fenêtre pour anticiper cette transition existe. Elle est courte, et elle se referme vite.
Le moment idéal n'est pas après le closing, sous pression du board. Il est pendant les négociations, quand le fondateur a encore toute la latitude pour définir son rôle futur, négocier ses conditions de départ éventuel, et surtout pour construire lui-même le profil du dirigeant qui lui succédera ou le complétera.
Le profil qu'il faudra recruter ne se trouve pas en deux semaines. Il est en poste, il ne répond pas aux annonces, et le convaincre de changer de trajectoire prend du temps et de la méthode. Les Medtech qui gèrent bien cette transition ont commencé à travailler le sujet six à neuf mois avant que le besoin soit imposé de l'extérieur.
Celles qui attendent que le board pose la question ne négocient plus. Elles subissent.

Ce que le fondateur qui sait lire son term sheet fait différemment

Il ne subit pas la transition. Il la conçoit. Il négocie son rôle post-closing avant que la dilution soit actée. Il définit lui-même les critères du profil qui lui succédera ou le complétera, plutôt que de laisser le fonds les définir à sa place. Il constitue son réseau de profils dirigeants qualifiés avant d'en avoir besoin. Et il construit une organisation capable de traverser le changement sans perdre son âme.
Ce travail n'est pas naturel pour un fondateur. Il demande une lucidité sur soi-même que peu de situations favorisent. C'est précisément le rôle d'un advisor extérieur que d'amener cette conversation au bon moment, avec la bonne franchise.

Laroze Partners accompagne les fondateurs, les dirigeants et les investisseurs sur les recrutements C-Level et les transitions de gouvernance dans les secteurs Medtech, Santé et Tech.

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À Laroze Partners, nous croyons que recruter un dirigeant est un acte stratégique, fondateur et engageant. C’est pourquoi nous en avons fait un art de précision : écoute, intuition, méthode. Nous offrons un accompagnement sur‑mesure, dans la durée, pour un impact réel au service de la réussite de vos équipes dirigeantes.

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